Renaud raconté par sa tribu
Thierry Séchan, Jean-Louis Crimon
récit (broché). Paru en 10/2006
Ce livre, écrit à quatre mains et deux voix, restitue le parcours d'un adolescent quinquagénaire qui n'a rien renié des révoltes premières. D'«Hexagone» aux «Bobos», de «Société tu m'auras pas» à «Dans la jungle» (la chanson pour Ingrid Betancourt), de son premier album à Rouge sang, le dernier, Renaud a mûri, grandi, vieilli, et souffert, sans jamais renoncer. L'homme est toujours aussi attachant, il sait - talent inestimable du poète et du chanteur - dire qui nous sommes, où nous allons, ce que nous acceptons et surtout ce que nous n'accepterons jamais.
Ce portrait rassemble de nombreux témoignages des copains, des proches, de la famille, et même des fans, dont une partie de ceux que Dominick Martinot-Lagarde a recueillis pour «Docteur Renaud, Mister Renard», une coproduction des Radios Francophones Publiques, présentée par la RTBF et diffusée notamment sur France Inter. Grâce à sa «tribu», on saisit mieux la personnalité simple et complexe à la fois de ce chanteur étonnant et détonant.
Né à Paris en 1949, Thierry Séchan, frère aîné du chanteur, est parolier, biographe - Bouquin d'enfer (Le Rocher, 2002), Georges Brassens, histoire d'une vie (Fixot, 2001) -, essayiste - Richard Brautigan (Le Castor Astral, 2003) -, nouvelliste - La Peine de mort, Venise en décembre (Le Rocher, 1999 et 2003), romancier - La Levantine (Le Rocher, 2003).
Né en 1949 en Picardie, Jean-Louis Crimon est journaliste à France Culture. Il est l'auteur d'une biographie de Renaud parue chez Librio Musique en 2004 et de trois romans, Verlaine avant-centre, Rue du Pré-aux-Chevaux er Oublie pas 36 (Le Castor Astral, 2001, 2003 et 2006).
Extrait du livre :
MAI, MAI, MAI, RENAUD, MAIS...
Ce titre constitue bien évidemment une paraphrase de la chanson de notre regretté Claude Nougaro (qui en écrivit une bien jolie où il est question de Renaud, le petit prince de Paname !) : Paris, Mai.
Sur le carton d'invitation envoyé à deux cents personnes pour les convier à fêter en sa compagnie ses trente ans de chanson, le samedi 28 mai 2005, au Café de la Jatte, à Neuilly, Renaud avait établi la liste des mois de mai «gagnants» depuis sa naissance.
Bien sûr, tout commençait le 11 mai 1952, à Paris, le jour de sa naissance jumelée avec celle de notre frère David.
Le 11 mai 1968, Renaud «renaissait» (suivant sa propre expression) sur les barricades de la rue Gay-Lussac.
Le 5 mai 1975, c'était la sortie de son premier album, aujourd'hui communément nommé «Hexagone».
Le 10 mai 1981, avec la victoire de François Mitterrand aux élections présidentielles, c'était l'arrivée au pouvoir de la gauche de Renaud (suivant, encore une fois, l'expression du chanteur).
Le 1er mai 1995, c'était la «première» de Renaud à la Mutualité.
Le 13 mai 1995, Renaud fêtait ses vingt ans de chanson, déjà au Café de la Jatte.
Le 22 mai 2002, c'était la sortie miraculeuse de «Boucan d'enfer».
Le 11 mai 2005, «53 balais, non-fumeur, depuis deux mois», comme il l'écrivit sur le carton d'invitation. Tu parles, Charles ! Depuis, il a arrêté de fumer dix fois et repris onze fois ! Il ferait bien de lire La Conscience de Zeno, du grand écrivain italien Italo Svevo.
Le 28 mai 2005, l'artiste fêtait ses trente ans de chanson au Café de la Jatte. Il y fêtera sans doute ses quarante ans, voire son demi-siècle de chanson, puisqu'il a signé à nouveau pour quatre albums chez Virgin.
Ouf ! J'aurais bien aimé que le mois de septembre (je suis Vierge...) me porte aussi chance. Ce ne fut pas le cas...
Comme mes quatre autres frères et soeurs, Renaud eut une enfance calme et heureuse. Nos parents nous adoraient. Nous étions véritablement leur raison de vivre.
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Dernière mise à jour de cette page le 04/11/2006